Les résultats des confrontations directes cette saison racontent une histoire différente de ce que le classement pourrait suggérer. Barcelone a remporté le premier Clásico en octobre, une victoire dominante 3-1 à l'Estadi Olímpic Lluís Companys, avec un doublé de Lewandowski. Le Real Madrid a pris sa revanche au Bernabéu en mars, un match plus serré 2-1 où Vinicius Jr. a marqué le but de la victoire en fin de match. Donc, c'est 3 points chacun, et un score cumulé de 4-3 pour Barcelone. Pourtant, le titre de champion ne sera pas décidé par cela.
En réalité, ce sont les matchs restants qui décideront de tout. Le Real Madrid a un calendrier difficile devant lui. Ils se déplacent à l'Athletic Bilbao, qui est toujours coriace à San Mamés, puis accueillent le Real Betis, une équipe qui a déjà pris des points à de plus grands clubs cette saison. Leur avant-dernier match est à l'extérieur contre Villarreal, un autre adversaire difficile, avant de terminer à domicile contre un Celta Vigo de milieu de tableau. Barcelone, de son côté, affronte Valence à domicile, puis se rend à Séville – jamais un voyage facile, quelle que soit la position de Séville au classement. Ils accueillent la Real Sociedad, une équipe qui leur a donné du fil à retordre l'année dernière, et terminent à l'extérieur contre Getafe, qui est toujours prêt à se battre. Aucun des deux calendriers n'est une promenade de santé, mais je dirais que les matchs à l'extérieur de Madrid contre l'Athletic et Villarreal semblent légèrement plus difficiles que les déplacements du Barça à Séville et Getafe.
La forme des joueurs, cependant, est là où le vrai drame se déroule. Pour Barcelone, la conversation commence et se termine avec Lamine Yamal. Le gamin a 18 ans et joue comme un professionnel chevronné. Il a 15 buts et 12 passes décisives en Liga cette saison, un rendement ridicule pour n'importe qui, sans parler d'un adolescent. Sa vitesse et ses dribbles sur le flanc droit ont parfois été injouables. Vous vous souvenez de ce triplé contre l'Atlético Madrid en février ? Inoubliable. Ensuite, il y a Robert Lewandowski. Il a peut-être 37 ans, mais il a toujours le toucher. Il est à 22 buts en championnat, prouvant qu'il peut toujours être le renard des surfaces quand cela compte le plus. Son but contre Gérone il y a deux semaines, une finition classique de buteur, a maintenu le Barça dans la course.
De l'autre côté, l'attaque du Real Madrid est tout aussi puissante. Vinicius Jr. a franchi un nouveau cap cette saison, ajoutant plus de régularité à son jeu électrisant. Il a inscrit 19 buts et 10 passes décisives, souvent en faisant des misères aux défenseurs depuis l'aile gauche. Son partenariat avec Kylian Mbappé a été dévastateur. Mbappé, lors de sa première saison à Madrid, a été à la hauteur de toutes les attentes, menant le championnat avec 25 buts. C'est un rendement ridicule pour n'importe quel attaquant, surtout un qui s'adapte à un nouveau championnat. Sa vitesse fulgurante et sa finition clinique ont donné à Madrid une dimension qu'ils n'avaient pas eue depuis le meilleur Benzema. Ce premier but contre la Real Sociedad le mois dernier, où il a laissé deux défenseurs sur place avant de marquer, était du Mbappé vintage. La terreur qu'il inspire aux défenses adverses est palpable.
Voici le problème : si Yamal et Lewandowski sont fantastiques, le génie individuel de Vinicius et Mbappé, combiné, donne un avantage à Madrid. Yamal est une future superstar, mais Mbappé est *la* superstar en ce moment. Et Lewandowski, bien que toujours prolifique, n'a pas la même accélération que Vini. Le milieu de terrain du Real Madrid, avec Bellingham, Camavinga et Valverde, semble également un peu plus dynamique et solide défensivement que celui de Barcelone, qui a beaucoup reposé sur la régularité de Frenkie de Jong et l'agressivité de Gavi.
Écoutez, la défense de Barcelone a aussi été une source d'inquiétude par moments. Ronald Araújo et Jules Kounde sont solides, mais ils ont eu des moments de vulnérabilité, notamment contre les contre-attaques. Le Real Madrid, avec Éder Militão enfin de retour en pleine forme et Antonio Rüdiger jouant à un niveau élite, semble légèrement plus impénétrable derrière. Thibaut Courtois, quand il est en bonne santé, est également un facteur de différence entre les poteaux.
Mon avis tranché ? Malgré le classement serré et la résurgence du Barça, la puissance de feu de Vinicius et Mbappé, associée à un effectif légèrement plus profond du Real Madrid et une meilleure différence de buts, sera suffisante. Carlo Ancelotti a le don de gérer ces situations de haute pression.
Le Real Madrid remporte la Liga avec trois points d'avance, Mbappé décrochant le Pichichi.